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Comment calculer le cout total d’un crédit immobilier en Suisse : méthode complète et exemples

Comment calculer le cout total d'un crédit immobilier en Suisse : méthode complète et exemples

Comment calculer le cout total d'un crédit immobilier en Suisse : méthode complète et exemples

Vous avez repéré un appartement à 850’000 CHF, votre banque vous parle d’un taux “attractif” à 2,10% sur 10 ans, et vous vous demandez : « Au final, ce crédit va vraiment me coûter combien ? » Pas seulement par mois, mais en coût total, sur toute la durée ?

En Suisse, entre le taux nominal, les intérêts, l’amortissement, les frais de dossier, de notaire, de registre foncier et parfois les pénalités de sortie, le vrai coût d’un crédit immobilier n’est jamais sur la première page de l’offre. Pourtant, c’est ce chiffre qui devrait guider votre décision.

Dans cet article, je vous propose une méthode complète, mais simple, pour calculer le coût total de votre crédit immobilier en Suisse, avec des exemples chiffrés pour que vous puissiez refaire les calculs chez vous, avec vos propres montants.

Ce que signifie vraiment “coût total” d’un crédit immobilier

Avant de sortir la calculatrice, il faut clarifier ce qu’on met dans le “coût total”. Pour un crédit immobilier en Suisse, on peut distinguer deux approches :

1. Coût strict du crédit (ce que je recommande comme base de comparaison entre banques) :

2. Coût global de l’achat financé à crédit (utile pour votre budget patrimonial à long terme) :

Dans la suite, je vais d’abord détailler le calcul du coût strict du crédit, puis intégrer les autres frais pour vous donner une vision complète.

Étape 1 : Clarifier les paramètres de votre crédit immobilier

Pour calculer le coût total, vous devez rassembler quelques informations clés. Sans elles, impossible de comparer proprement deux offres.

Les paramètres indispensables :

Question que je pose souvent en coaching : « Si vous revendiez le bien au bout de 10 ans, que devrait-vous encore à la banque, et combien lui auriez-vous déjà payé ? » Si votre interlocuteur bancaire ne peut pas vous répondre clairement, méfiance.

Étape 2 : Calculer les intérêts totaux payés

Pour simplifier, prenons le cas le plus courant en Suisse : une hypothèque à intérêt uniquement (intérêts + amortissement partiel obligatoire jusqu’à 66% de la valeur du bien, mais la majeure partie du capital reste due).

Exemple de base :

2.1. Intérêts si le capital ne bougeait pas

Si on simplifie en considérant que le capital reste à 650’000 CHF (ce qui est presque le cas si vous amortissez via le 3e pilier en indirect), le calcul brut des intérêts sur 10 ans est :

Intérêts annuels = 650’000 × 2,10% = 13’650 CHF

Sur 10 ans : 13’650 × 10 = 136’500 CHF

Vous remboursez donc 136’500 CHF d’intérêts à la banque, en plus du capital que vous devrez toujours à la fin (650’000 CHF, ou un peu moins selon l’amortissement).

2.2. Intérêts avec amortissement direct

Si vous amortissez réellement (directement) 10’000 CHF par an, la dette baisse progressivement, donc les intérêts aussi. Il faut alors calculer année par année.

Année 1 :

Année 2 :

En continuant jusqu’à l’année 10 (où le capital sera descendu à 550’000 CHF), on obtient environ :

Intérêts totaux sur 10 ans ≈ 130’000 CHF (ordre de grandeur, légèrement inférieur aux 136’500 CHF sans amortissement).

L’écart n’est pas énorme parce que l’amortissement annuel reste modéré par rapport au capital total. Mais pour affiner réellement, je conseille :

Étape 3 : Intégrer l’amortissement dans votre logique de “coût”

Point crucial : l’amortissement n’est pas un coût au sens strict, c’est un remboursement de capital. Il ne sort pas définitivement de votre patrimoine : vous transformez simplement une dette en propriété nette de votre bien.

Cependant, pour votre budget de trésorerie, il est important de le prendre en compte : le flux de sortie est bien réel tous les mois ou chaque année.

Dans notre exemple :

Au bout de 10 ans, vous aurez payé :

Pour comparer des offres de crédit, je recommande de distinguer clairement :

Étape 4 : Ne pas oublier les frais bancaires et pénalités

Le taux d’intérêt n’est qu’une partie de l’histoire. Certaines banques affichent un taux attractif… et facturent à côté divers frais bien moins mis en avant.

Frais bancaires typiques :

Pénalités de résiliation anticipée :

C’est le point aveugle de beaucoup d’emprunteurs. En Suisse, si vous résiliez une hypothèque à taux fixe avant la fin de la période, la banque peut vous facturer une indemnité de rupture très importante, surtout si les taux ont baissé entre-temps.

Exemple simplifié :

La banque va comparer :

Sur les 4 ans restants, la différence d’intérêt peut rapidement représenter plusieurs dizaines de milliers de francs. Ce n’est pas toujours le cas (si les taux montent, la pénalité peut être faible voire nulle), mais vous devez absolument demander à la banque :

Pour intégrer ça dans votre calcul de coût total, faites deux scénarios :

Étape 5 : Ajouter les frais annexes liés à l’achat immobilier

Ils ne sont pas payés à la banque (sauf exception), mais ils font partie du coût global d’un achat financé à crédit, et souvent ils doivent être couverts par vos fonds propres.

Frais usuels en Suisse romande (ordres de grandeur, variables selon le canton) :

Reprenons notre exemple :

Ces 25’500 CHF viennent en plus de votre apport initial et ne sont pas financés par la banque dans la grande majorité des cas. Ce sont des coûts définitifs, non récupérables.

Dans votre vision patrimoniale globale, le coût de l’opération sur 10 ans, ce n’est donc pas seulement les intérêts bancaires, mais :

L’amortissement de 100’000 CHF, lui, reste dans votre patrimoine sous forme de propriété nette du bien.

Étape 6 : Comparer deux offres de crédit avec la même méthode

Un exemple très parlant : deux banques vous font une offre pour la même hypothèque de 650’000 CHF sur 10 ans.

Offre 1 :

Offre 2 :

Calcul rapide des intérêts sans amortissement (capital constant pour la comparaison) :

Écart sur les intérêts : 9’750 CHF de moins sur l’Offre 2.

En ajoutant les frais :

L’Offre 2 reste environ 8’250 CHF moins chère sur 10 ans. À ce stade, l’Offre 2 est objectivement plus intéressante si les conditions de sortie anticipée, les modalités d’amortissement et les autres contraintes sont similaires.

Je conseille de toujours résumer chaque offre dans un petit tableau maison :

C’est ce tableau qui vous permet de négocier sérieusement et de mettre les banques face à des chiffres précis, pas à des slogans.

Étape 7 : Anticiper l’impact fiscal et la réalité après impôts

En Suisse, les intérêts hypothécaires sont en principe déductibles fiscalement, tout comme certains frais liés au bien. Cela vient réduire votre coût net après impôts.

Mais attention :

Exemple simplifié :

Économie d’impôt approximative :

13’650 × 30% = 4’095 CHF par an

Coût net des intérêts après impôt ≈ 13’650 – 4’095 ≈ 9’555 CHF par an.

Sur 10 ans, si tout restait constant (ce qui n’est jamais complètement vrai), le coût net des intérêts serait d’environ :

≈ 95’500 CHF au lieu de 136’500 CHF.

Pour un calcul très précis, il faut intégrer :

Mais même avec une estimation grossière, vous voyez que le coût fiscal net d’un crédit hypothécaire peut être significativement inférieur au coût “brut” affiché par la banque. C’est un paramètre à intégrer dans votre réflexion patrimoniale long terme, pas seulement dans vos mensualités.

Étape 8 : La check-list pour calculer votre propre coût total

Pour finir, voici une méthode opérationnelle à appliquer à votre situation, avec une simple calculatrice ou un tableur :

Un crédit immobilier n’est pas “bon” parce que le taux a l’air bas, mais parce que, en francs bien concrets, sur toute la période, il vous coûte moins cher pour une flexibilité compatible avec votre projet de vie (durée de détention du bien, mobilité professionnelle, situation familiale).

Une fois que vous avez mis les coûts sur la table, noir sur blanc, le discours commercial s’efface, et vous pouvez enfin décider avec des chiffres, pas avec des promesses.

Félicie

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