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Évolution taux hypothécaire suisse : analyse des tendances et impact sur votre budget logement

Évolution taux hypothécaire suisse : analyse des tendances et impact sur votre budget logement

Évolution taux hypothécaire suisse : analyse des tendances et impact sur votre budget logement

Vous avez un prêt hypothécaire en Suisse, ou vous envisagez d’en prendre un, et vous avez l’impression que les taux font le yo-yo depuis trois ans ? Vous n’êtes pas seul. Entre les taux négatifs de la Banque nationale suisse (BNS), la remontée brutale de 2022–2023 et les premières baisses en 2024, il devient difficile de savoir si vous devez fixer votre taux, renégocier, attendre… ou déménager.

Dans cet article, on va remettre de l’ordre dans tout ça : comprendre comment les taux hypothécaires suisses ont évolué, ce qui peut encore bouger dans les prochaines années, et surtout ce que cela signifie très concrètement pour votre budget logement.

Ce qui a vraiment changé sur les taux hypothécaires en Suisse depuis 10 ans

Pour savoir où l’on va, il faut déjà comprendre d’où l’on vient. En très résumé, le film des 10 dernières années ressemble à ceci :

Ce qu’il faut retenir : la période 2015–2021 était une anomalie historique. Si vous avez fixé votre hypothèque à 1 % ou 1,2 %, vous avez profité d’un contexte exceptionnel… qui ne reviendra probablement pas sous cette forme.

Autrement dit : se plaindre aujourd’hui de taux à 2,5–3 % a du sens par rapport à 2020, mais pas par rapport aux 30 dernières années.

Comment les taux hypothécaires sont réellement fixés (et pourquoi votre banque n’a pas “augmenté par plaisir”)

Les banques et assurances n’inventent pas leurs taux au hasard. Trois éléments principaux jouent :

En pratique, cela signifie :

Ce que ces évolutions changent pour votre budget logement

Passons aux chiffres. Imaginons une hypothèque de 700 000 CHF (cas typique pour un appartement en ville ou une maison en périphérie), sur une valeur de bien de 1 000 000 CHF (70 % de financement hypothécaire).

Regardons trois scénarios de taux :

Coût annuel des intérêts hypothécaires :

Entre le scénario A et B, on parle d’une différence de 10 500 CHF par an, soit environ 875 CHF par mois. Ce n’est pas un détail de budget, c’est un loyer supplémentaire pour une petite voiture, des frais de garde ou des vacances qui disparaissent.

Entre A et C, l’écart grimpe à 17 500 CHF par an, soit environ 1 460 CHF par mois. Là, on change clairement de catégorie de niveau de vie.

Important : ce calcul ne tient compte que des intérêts. Votre budget logement doit aussi intégrer :

Quand les taux doublent, votre budget logement ne fait pas « juste +10 % ». Il peut basculer dans une zone d’inconfort si vous n’anticipez pas.

Les tendances possibles pour les prochaines années : vers un “nouveau normal”

La question que tout le monde se pose : les taux vont-ils redescendre comme en 2019 ?

À partir des données et des signaux de la BNS et des marchés, plusieurs points se dégagent :

En langage non financier : le scénario le plus probable pour les 3–7 prochaines années, c’est :

Oui, on peut toujours imaginer un choc majeur (crise économique forte, nouvelle pandémie, conflit) qui ferait baisser brutalement les taux. Mais baser une stratégie hypothécaire sur « un scénario catastrophe qui me profite » n’est pas ce que j’appellerais de la gestion prudente.

Faut-il privilégier SARON ou hypothèque fixe dans ce contexte ?

La remontée des taux a remis sur la table la grande question : variable (SARON) ou fixe ?

Hypothèque SARON – logique :

Hypothèque fixe – logique :

Dans un monde où les taux sont déjà remontés, la vraie question n’est pas « quel produit gagne sur 10 ans au centime près ? ». La question, c’est :

Une approche pragmatique, de plus en plus utilisée en Suisse :

Objectif : éviter le scénario où 100 % de votre hypothèque arrive à renouvellement pile au moment d’un pic de taux.

Exemple concret : l’impact d’un choix de taux sur un ménage vaudois

Imaginons un couple à Lausanne, revenus nets du ménage : 11 000 CHF par mois, deux enfants, achat d’un bien à 1 000 000 CHF avec hypothèque de 700 000 CHF.

Ils hésitent entre deux options :

Option 1 – 100 % SARON

Option 2 – Mix 50 % SARON / 50 % fixe

Ce couple accepte donc de payer un peu plus dès le début (1 371 CHF vs 1 167 CHF/mois) pour se protéger partiellement contre un choc à la hausse. Pour un ménage avec des frais de garde, un emprunt voiture et peu de marge de manœuvre, cette « assurance de stabilité » peut se justifier.

Comment vérifier si votre budget supporte vraiment une hausse de taux

Avant de négocier votre hypothèque, faites un test simple chez vous. Répondez à ces questions (honnêtement) :

Rappel : les banques appliquent une « règle des 33 % » théorique (le coût de logement calculé avec un taux théorique de 4,5–5 % ne doit pas dépasser ~33 % du revenu brut). Si vous êtes déjà proches de cette limite dans la réalité, vous n’avez pas le même niveau de tolérance au risque de taux qu’un ménage à 20–25 %.

Stratégies concrètes pour profiter des baisses de taux… sans se mettre en danger

Si vous avez déjà une hypothèque, vous pouvez agir sur plusieurs leviers :

Et si vous n’avez pas encore acheté :

Faut-il reporter un achat immobilier en attendant des taux plus bas ?

C’est une question fréquente en Suisse romande depuis la remontée des taux. La réponse dépend beaucoup de votre situation.

Reporter peut avoir du sens si :

Reporter n’est pas toujours judicieux si :

N’oubliez pas qu’en Suisse, limiter le risque ne passe pas seulement par « attendre le bon taux ». Cela passe aussi par :

Les taux sont un paramètre important, mais ils ne doivent pas dicter à eux seuls vos décisions de logement. Votre stabilité de revenus, votre horizon de vie et votre marge de manœuvre budgétaire pèsent au moins autant dans la balance.

Comme toujours en finance personnelle, la bonne stratégie n’est pas celle qui maximise chaque franc d’optimisation théorique, mais celle que vous pouvez assumer, comprendre et ajuster dans la durée.

Félicie

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