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Nu propriété : stratégies pour optimiser fiscalité, succession et investissement immobilier

Nu propriété : stratégies pour optimiser fiscalité, succession et investissement immobilier

Nu propriété : stratégies pour optimiser fiscalité, succession et investissement immobilier

Vous avez un bien immobilier en Suisse, une fiscalité qui grimpe, des héritiers aux situations très différentes… et la sensation que si vous “ne faites rien”, ce sera ni optimal fiscalement, ni simple pour votre famille.

La nue-propriété est l’un des outils les plus puissants pour organiser tout ça. Mais entre usufruit, démembrement, valorisation fiscale et règles successorales suisses, il est facile de se perdre.

Dans cet article, je vous propose une approche très concrète : à quoi sert réellement la nue-propriété, combien ça peut vous faire gagner (ou perdre) en impôts, et dans quels cas cela vaut la peine de s’y intéresser sérieusement.

Nu-propriété, usufruit : bien poser les bases

Avant de parler d’optimisation, clarifions le vocabulaire, car c’est souvent là que le flou commence.

Quand on “démembre” la propriété d’un bien immobilier, on la découpe en deux droits distincts :

Concrètement :

Ce mécanisme permet de dissocier : qui utilise le bien aujourd’hui, qui en héritera demain, et qui supporte quels impôts.

Pourquoi la nue-propriété intéresse autant en Suisse

En Suisse, l’immobilier est au centre de trois sujets sensibles :

La nue-propriété permet de jouer sur ces trois leviers :

Mais pour que ce soit utile, il faut que la mécanique soit alignée avec votre situation familiale et vos chiffres. Passons aux cas concrets.

Stratégie 1 : organiser la transmission en gardant le contrôle

Cas typique : un couple de 65 ans, propriétaire de leur résidence principale à Lausanne, valeur de marché 1’500’000 CHF, valeur fiscale 900’000 CHF, deux enfants adultes. Ils veulent :

Une option classique est de donner la nue-propriété du bien aux enfants, et de se réserver l’usufruit jusqu’au décès du dernier des parents.

Résultat :

Pourquoi cela peut être intéressant :

Attention cependant :

À partir de quel patrimoine cela vaut-il la peine ? En pratique, dès qu’un bien immobilier dépasse 800’000–1’000’000 CHF, que la famille est harmonieuse et que la volonté de transmettre tôt est claire, ça mérite un calcul précis.

Stratégie 2 : réduire l’impôt sur la fortune et lisser la fiscalité familiale

Deuxième cas fréquent : un retraité propriétaire de plusieurs logements locatifs, fortement imposé sur :

Parallèlement, ses enfants sont actifs, avec des revenus élevés, et paient déjà beaucoup d’impôts sur leur salaire… mais très peu d’impôt sur la fortune, car ils n’ont pas (encore) de gros patrimoines.

Le démembrement peut servir à répartir différemment charge fiscale et propriété.

Un schéma possible :

Effets typiques (à valider selon le canton) :

Variante inverse, plus rare mais parfois pertinente :

Dans tous les cas, ce type de stratégie ne s’improvise pas :

Avant d’agir, demandez systématiquement :

Stratégie 3 : investir en nue-propriété pour booster son rendement net

Vous n’êtes pas propriétaire, mais investisseur ? La nue-propriété peut aussi être un outil d’investissement, pas seulement de transmission.

Principe : vous achetez uniquement la nue-propriété d’un bien pour une durée déterminée (par exemple 15 ou 20 ans), tandis qu’un autre acteur (souvent institutionnel ou un bailleur professionnel) achète ou conserve l’usufruit temporaire.

En pratique :

Pourquoi cela peut être intéressant ? Parce que vous achetez la nue-propriété avec une décote importante par rapport au prix du marché en pleine propriété.

Exemple simplifié :

Scénario :

En d’autres termes, vous troquez un rendement locatif immédiat contre un rendement patrimonial différé. Dans certains profils fiscaux (revenus déjà élevés, peu de besoin de cash-flow, horizon long), ce compromis est très attractif.

Points à vérifier avant de se lancer :

Nu-propriété et banque : ce qu’on ne vous dit pas toujours

Les scénarios théoriques sont séduisants, mais la réalité bancaire est plus terre-à-terre. En Suisse, les établissements ont parfois une approche prudente, voire méfiante, vis-à-vis du démembrement.

Points de friction fréquents :

Avant tout démembrement impliquant une hypothèque, discutez explicitement avec votre conseiller bancaire :

Les erreurs classiques à éviter

Comme tout outil puissant, la nue-propriété peut faire des dégâts si elle est utilisée sans précaution. Voici les pièges les plus fréquents que je vois en pratique.

Checklist : êtes-vous un bon candidat pour la nue-propriété ?

Avant d’envisager un démembrement, posez-vous ces questions très concrètes :

Si vous répondez “oui” à une majorité de ces questions, la nue-propriété mérite probablement une étude détaillée, avec chiffres et simulations à l’appui.

Et si vous avez encore des doutes, rappelez-vous : la pire décision patrimoniale n’est pas forcément celle que l’on prend, mais souvent celle que l’on diffère indéfiniment par peur de se pencher sur les chiffres.

Félicie

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