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Pret hypothécaire en Suisse : conditions, étapes et astuces pour emprunter au meilleur taux

Pret hypothécaire en Suisse : conditions, étapes et astuces pour emprunter au meilleur taux

Pret hypothécaire en Suisse : conditions, étapes et astuces pour emprunter au meilleur taux

Pourquoi votre prêt hypothécaire vaut quelques soirées de calculs

En Suisse, la plupart des couples et familles ne « possèdent » jamais vraiment leur logement : ils possèdent un apport… et une dette, souvent sur plusieurs décennies. La différence entre une hypothèque bien négociée et une hypothèque prise « comme ça » sous la pression du courtier immobilier peut facilement représenter plusieurs dizaines de milliers de francs sur 10 à 15 ans.

La bonne question n’est donc pas seulement : « Est-ce que la banque va m’accorder un prêt ? », mais plutôt : « Dans quelles conditions, avec quel risque pour mon budget, et à quel prix réel ? »

Dans cet article, on va passer en revue, de façon très concrète :

Objectif : que vous soyez capable de challenger une offre bancaire et de savoir quand dire « oui »… ou « merci, mais non ».

Les conditions pour obtenir un prêt hypothécaire en Suisse

Les critères sont assez standardisés en Suisse, même si chaque banque a ses nuances. Voici les principaux points que les établissements regardent, avec les ordres de grandeur habituels.

Apport propre : le fameux « 20 % »… pas si simple

Dans la pratique, les banques demandent généralement :

Exemple concret pour un bien à 800 000 CHF :

Là où ça se complique : certaines banques exigent plus que 20 % si le bien est jugé « spécifique » (maison très isolée, grand terrain difficile à revendre, etc.) ou si votre situation est plus fragile (indépendant, revenus variables).

Taux d’endettement : la règle des 33 %… calculée avec des taux théoriques

La plupart des établissements appliquent une règle simple : vos charges de logement ne doivent pas dépasser environ 33 % de votre revenu brut.

Par « charges de logement », on entend :

Exemple pour un couple gagnant 11 000 CHF brut par mois (132 000 CHF/an) :

Important : même si les taux du marché sont aujourd’hui bien plus bas que 4,5–5 %, la banque utilise ce taux « de stress » pour vérifier que vous tiendriez le choc si les taux remontent.

Amortissement : descendre sous 66 % en 15 ans

En Suisse, vous n’êtes généralement pas obligé d’amortir toute l’hypothèque. En revanche, la partie qui dépasse 66 % de la valeur du bien doit être remboursée dans un délai de 15 ans (ou jusqu’à l’âge légal de la retraite si celui-ci arrive plus tôt).

Reprenons l’exemple du bien à 800 000 CHF :

Cet amortissement peut être :

Type de bien et situation professionnelle : où les banques deviennent prudentes

Deux éléments qui peuvent serrer les conditions :

En toile de fond, la banque se pose une question très simple : si vous ne pouvez plus payer, est-ce que ce bien sera facile à revendre sans trop de perte ?

Les principaux types de prêts hypothécaires en Suisse

Une fois que la banque est d’accord sur le principe, reste à choisir comment vous empruntez. Et là, les noms changent, mais les grandes familles restent les mêmes.

Hypothèque à taux fixe

Caractéristiques :

À savoir :

Hypothèque SARON (anciennement LIBOR)

L’hypothèque dite « SARON » est liée à un taux de référence du marché monétaire suisse.

Caractéristiques :

Ce produit convient plutôt à ceux qui :

Combiner plusieurs tranches

La plupart des ménages finissent avec un montage mixte :

Intérêt de cette stratégie :

Les étapes pour emprunter au meilleur taux

Voyons maintenant le parcours type, de l’idée d’achat à la signature du contrat d’hypothèque.

1. Faire vos calculs avant d’aller voir la banque

Avant d’entrer dans un bureau (physique ou virtuel), listez :

Utilisez un simulateur hypothécaire (ceux des grandes banques ou de sites indépendants) pour vérifier :

2. Obtenir une « attestation de financement »

Avant même d’avoir trouvé l’objet idéal, vous pouvez demander à une banque ou un courtier :

Utile pour :

3. Mettre en concurrence plusieurs établissements

Ne vous arrêtez pas à votre banque habituelle « par fidélité ». Comparez au minimum :

À regarder de près :

4. Négocier (vraiment) les conditions

Si vous avez un bon profil (revenus stables, apport solide, pas de crédits à la consommation), vous avez un pouvoir de négociation. Quelques leviers :

Le but n’est pas de tout accepter, mais de vérifier : « Est-ce que ce package complet est compétitif par rapport au marché ? »

5. Lecture détaillée du contrat avant signature

Avant de signer, vérifiez en particulier :

Astuces concrètes pour emprunter au meilleur taux

Quelques actions simples peuvent littéralement faire baisser votre taux de plusieurs dixièmes de point. Sur un capital de 500 000 CHF, 0,3 % de moins, c’est déjà 1 500 CHF d’économies par an.

Soigner votre profil de risque avant de demander

Quelques mois avant de lancer la machine :

Adapter la durée à votre situation, pas à la mode

On voit souvent des conseils génériques type « toujours prendre du 10 ans fixe ». En réalité :

Posez-vous franchement la question : « Où est-ce que je me vois dans 5, 10 ans ? ». Ce n’est pas de la philosophie, c’est du taux d’intérêt.

Utiliser les tranches à votre avantage

Au lieu de tout mettre sur un seul bloc de 10 ans, par exemple :

Avantages :

Ne pas sous-estimer les assurances « liées »

Certaines banques vont tenter de compenser un taux attractif avec :

Comparez :

Cas pratique : peut-on financer une maison à 800 000 CHF ?

Imaginons un couple habitant en Suisse romande, avec le profil suivant :

Ils repèrent une maison à 800 000 CHF. Est-ce plausible ?

Apport propre :

Montant d’hypothèque :

Test de capacité avec taux théorique 5 % :

Comparaison avec la règle du tiers :

Résultat : sur le papier, ce projet est finançable. Reste à comparer les offres, choisir la structure des tranches et vérifier que leurs autres projets de vie (enfants, changement de taux d’activité, etc.) restent compatibles avec ces chiffres.

Check-list avant de signer votre hypothèque

Avant de poser votre signature, reprenez calmement ces points :

Un prêt hypothécaire n’est pas qu’une formalité pour « avoir les clés plus vite ». C’est un engagement financier long, parfois plus structurant que la prévoyance. Plus vous transformez les offres en chiffres concrets et comparables, plus vous reprenez le contrôle de la discussion face aux banques.

Et c’est exactement ce qu’elles n’ont pas toujours intérêt à encourager.

Félicie

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