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Viager : définition, avantages fiscaux et risques pour l’acheteur et le vendeur en Suisse

Viager : définition, avantages fiscaux et risques pour l’acheteur et le vendeur en Suisse

Viager : définition, avantages fiscaux et risques pour l’acheteur et le vendeur en Suisse

Viager : de quoi parle-t-on vraiment ?

Vous possédez un bien immobilier en Suisse, mais votre trésorerie est trop serrée pour profiter de votre retraite ? Ou au contraire, vous cherchez à investir dans la pierre sans mobiliser immédiatement tout votre capital ? Dans ces deux cas, le viager revient souvent dans les discussions… mais très peu de gens comprennent réellement ce qu’ils signent.

Le viager, c’est une vente immobilière particulière : le vendeur (souvent âgé) cède son bien à un acheteur, qui le paie en partie comptant (le bouquet) et en partie sous forme de rente viagère, versée jusqu’au décès du vendeur. En contrepartie, celui-ci peut continuer à habiter le logement ou à en percevoir les loyers, selon la formule retenue.

Sur le papier, tout le monde y gagne : le vendeur sécurise un revenu, l’acheteur obtient une décote sur le prix. Dans la réalité, c’est un montage qui comporte des avantages fiscaux… mais aussi des risques très concrets pour les deux parties, surtout en Suisse où la fiscalité immobilière est cantonale et la pratique du viager moins répandue qu’en France.

Voyons point par point comment fonctionne un viager en Suisse, ce que vous pouvez en attendre financièrement, et dans quels cas il vaut mieux fuir.

Comment fonctionne un viager en Suisse ?

Le mécanisme de base est toujours le même, mais plusieurs paramètres changent fortement l’équilibre du contrat.

Un viager repose sur trois éléments principaux :

En Suisse, on voit surtout des montages qui ressemblent à :

La valeur du bien est réduite pour tenir compte du fait que le vendeur reste dans les lieux ou perçoit encore les loyers. Plus le vendeur est âgé, plus la décote est faible (car l’espérance de vie est plus courte). Ces calculs s’appuient généralement sur les tables de mortalité suisses, que le notaire ou le fiduciaire utilise pour déterminer une rente « actuariellement » cohérente.

Exemple chiffré simple : qui paie quoi ?

Imaginons un appartement à Lausanne estimé à 1’000’000 CHF sur le marché libre. Le vendeur a 78 ans, il veut rester dans son logement et n’a pas d’hypothèque à rembourser.

Sur la base de l’espérance de vie statistique (par exemple encore 10 ans), le notaire calcule une rente mensuelle, en tenant compte d’un taux d’intérêt technique (inflation, rendement du capital). Vous pourriez aboutir à une rente de l’ordre de 3’500–4’000 CHF par mois.

Si le vendeur vit plus longtemps que la moyenne, l’acheteur paiera davantage que les 450’000 CHF prévus « théoriquement ». S’il décède plus tôt, l’acheteur aura fait une « bonne affaire ». Le cœur du viager, c’est ce pari sur la durée de vie.

Les avantages du viager pour le vendeur

Pour un propriétaire retraité avec peu de liquidités, le viager peut être une solution intermédiaire entre « ne rien faire » et « vendre et déménager ».

Les atouts principaux :

Pour un retraité sans descendants, ou avec des héritiers déjà bien installés, le viager peut aussi être une manière assumée de consommer son patrimoine jusqu’au bout, sans laisser un bien immobilier difficile à partager.

Les avantages du viager pour l’acheteur / investisseur

Du point de vue de l’acheteur, le viager est avant tout un investissement immobilier à long terme, avec une forte composante aléatoire.

Les principaux intérêts sont :

En Suisse, où l’accès à la propriété est déjà cher et encadré, le viager peut être une porte d’entrée alternative pour des investisseurs patients, capables d’assumer une rente sur une longue période.

Fiscalité du viager en Suisse : ce qu’il faut vraiment regarder

La fiscalité est cantonale et la pratique du viager relativement rare, ce qui signifie une chose : il ne faut jamais signer sans avis fiscal personnalisé. Mais voici les grands principes.

Pour le vendeur

Pour l’acheteur

Point de vigilance majeur : certains cantons peuvent requalifier un viager « mal ficelé » en vente à terme ou en prêt déguisé s’ils estiment que les paramètres n’ont rien d’aléatoire. Résultat : conséquence fiscale différente, parfois défavorable. D’où la nécessité de passer par un notaire et, idéalement, un fiscaliste habitué à ce type de montage.

Les risques et pièges pour le vendeur

Pour le vendeur, les brochures parlent toujours de sécurité et de revenu complémentaire. Voici ce qui est beaucoup moins mis en avant.

En pratique, si vous êtes en bonne santé et que votre budget est simplement un peu serré, il est souvent pertinent de comparer le viager avec d’autres solutions : hypothèque inversée, augmentation partielle de l’hypothèque existante, location d’une chambre, déménagement vers un logement plus petit, etc.

Les risques et pièges pour l’acheteur

L’acheteur a l’impression d’acheter « moins cher ». Mais la réalité financière est moins simple.

Avant de vous engager, simulez votre budget : que se passe-t-il si la rente est versée 10 ans, 20 ans, 25 ans ? À partir de quelle durée l’opération devient-elle moins intéressante qu’un achat classique, en tenant compte des intérêts hypothécaires, de l’entretien et de la fiscalité ?

Check-list pratique avant de signer un viager en Suisse

Que vous soyez vendeur ou acheteur, voici les points à vérifier absolument.

Dans quels cas le viager fait sens… et quand il vaut mieux s’en passer

En Suisse, le viager reste un marché de niche. Ce n’est pas un outil miracle, mais un instrument parmi d’autres pour gérer un patrimoine immobilier.

Le viager peut être pertinent si :

Le viager est souvent une mauvaise idée si :

Le bon réflexe, avant de transformer votre maison en viager ou d’acheter « à vie », reste toujours le même : poser les chiffres noir sur blanc, sur 10, 15, 20 ans, en comparant avec des alternatives concrètes (vente classique, crédit hypothécaire, refinancement, location, etc.).

Les banques et les assureurs adorent les formules vagues ; les notaires aiment les clauses complexes. Vous, ce dont vous avez besoin, c’est de savoir combien vous encaissez, combien vous payez, pendant combien de temps… et ce qu’il vous reste vraiment, après impôts et charges.

Si vous hésitez entre plusieurs solutions sur un bien précis, je vous recommande de faire au minimum deux simulations : une avec viager, une sans, en intégrant tous les flux (bouquet, rentes, loyers éventuels, entretien, fiscalité). Une fois les colonnes Excel sous les yeux, les idées reçues laissent rapidement place à la réalité des chiffres.

Et c’est à partir de ces chiffres-là, pas des promesses, que vos décisions patrimoniales deviennent enfin vraiment maîtrisées.

Félicie

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